Tchad : un hippopotame retrouvé mort dans le fleuve Chari, les autorités privilégient la thèse d’un affrontement entre mâles
Un hippopotame adulte a été retrouvé mort ce lundi 15 juin 2026 dans les eaux du fleuve Chari, au niveau du canton Banda, dans la province du Moyen-Chari. Cette découverte suscite l’intérêt des autorités locales et des services environnementaux, qui privilégient pour l’instant l’hypothèse d’un violent affrontement entre deux mâles.
Selon plusieurs témoins, ce sont des pêcheurs qui ont aperçu la carcasse de l’animal flottant près de la rive au petit matin. L’hippopotame, estimé à près de deux tonnes, présentait d’importantes blessures sur différentes parties du corps.
Informé de la situation, le chef de canton de Banda, Masra Kouroua Nague, estime que la mort de l’animal pourrait être liée à un combat territorial. « À cette période, les mâles dominants deviennent particulièrement agressifs. Les affrontements pour le contrôle du territoire ou l’accès aux femelles sont fréquents et parfois mortels », a-t-il expliqué.
Les premières constatations effectuées sur place révèlent de profondes plaies qui ressemblent à des morsures causées par les puissantes canines d’un autre hippopotame. Toutefois, les autorités préfèrent attendre les conclusions des spécialistes avant de confirmer cette version.
Une équipe de la délégation provinciale de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable s’est rendue sur les lieux afin d’examiner la carcasse et de procéder à des prélèvements. Les analyses devront permettre d’écarter toute autre cause éventuelle, notamment le braconnage, une maladie ou une pollution des eaux.
Cette partie du fleuve Chari abrite une importante population d’hippopotames, estimée à une quarantaine d’individus. Si leur présence constitue une richesse pour la biodiversité locale, elle représente également un défi pour les populations riveraines, confrontées à la proximité de ces animaux réputés pour leur comportement territorial et parfois dangereux.
En attendant les résultats de l’enquête environnementale, les autorités assurent un suivi du troupeau afin de détecter tout comportement inhabituel. La dépouille de l’animal devrait être retirée des eaux et enfouie dans les prochaines heures afin d’éviter tout risque sanitaire.
Cette découverte rappelle la complexité de la cohabitation entre l’homme et la faune sauvage dans les zones riveraines du Chari, où la préservation des écosystèmes demeure un enjeu majeur.
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Par Mbaikoula Philippe

