Bénin : la HAAC suspend plusieurs médias pour non-respect de la réglementation
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La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) du Bénin a annoncé ce mardi la suspension de plusieurs médias en ligne et comptes sur les réseaux sociaux, citant des violations des dispositions légales en vigueur. Parmi les organes de presse concernés figurent Crystal News, Madame Actu, Les Pharaons et le site Reporter Médias Monde, accusés de diffuser des contenus médiatiques sans autorisation préalable.
Une décision fondée sur le Code de la presse
Selon un communiqué de la HAAC, ces suspensions s’appuient sur des manquements graves au Code de l’Information et de la Communication. « En raison de la violation des articles 252 et des lois sur la radiodiffusion numérique en République du Bénin, la HAAC a décidé de suspendre ces plateformes jusqu’à nouvel ordre », a déclaré le président de l’institution, Édouard Loko, à l’issue de la session plénière.
Les organes concernés sont accusés d’avoir diffusé des contenus « abondants et non autorisés » sur le territoire national, une pratique en contradiction avec les exigences de régularisation et de déontologie imposées aux médias opérant au Bénin.
Sanctions étendues à d’autres publications
Outre les plateformes numériques, le journal Le Patriote et son site internet ont également fait l’objet d’une suspension pour des infractions similaires. La HAAC reproche au journal des « violations répétées » de l’article 152 du Code de l’information. Le régulateur pointe notamment des publications contenant des allégations non prouvées et des confusions entre commentaires et faits vérifiables.
Par ailleurs, le journal, bien que déclaré comme hebdomadaire, aurait adopté un rythme de parution bihebdomadaire, sans effectuer les formalités administratives nécessaires, tout en publiant illégalement des contenus en ligne.
Les enjeux de la régulation médiatique
Cette vague de sanctions reflète la volonté de la HAAC de garantir un cadre légal rigoureux pour la pratique du journalisme et la diffusion de contenus médiatiques au Bénin. Les autorités ont rappelé aux opérateurs de presse l’importance de respecter les normes déontologiques et juridiques, notamment dans le contexte de la montée en puissance des plateformes numériques et des réseaux sociaux.
Un débat sur la liberté de presse
Cette décision a toutefois suscité des interrogations au sein des milieux médiatiques et de la société civile. Si certains saluent l’action de la HAAC comme une mesure visant à assainir le paysage médiatique, d’autres craignent que ces suspensions n’entravent la liberté de presse dans le pays.
En attendant, les organes sanctionnés ne pourront reprendre leurs activités qu’après régularisation de leur situation et conformité avec la réglementation en vigueur.
Pour rappel, la HAAC avait déjà mis en garde les médias béninois, notamment dans leur couverture des sujets sensibles comme le terrorisme, les appelant à faire preuve de prudence sous peine de sanctions similaires.
Perspectives
Alors que le Bénin se positionne comme un pays démocratique en pleine transformation, la gestion des libertés médiatiques demeure un sujet délicat. Ces suspensions pourraient inciter les acteurs du secteur à une plus grande vigilance tout en relançant le débat sur l’équilibre entre régulation et liberté d’expression.
Les parties prenantes et observateurs attendent désormais de voir comment ces mesures impacteront durablement le paysage médiatique béninois.
Par Jérôme Wailifu

