Tchad : Visite épiscopale à Bohobé : Mgr Miguel Ángel Sebastián Martínez appelle à la réconciliation et à l’unité des communautés

La sous-préfecture de Bohobé a vécu une journée historique ce dimanche à l’occasion de la visite pastorale de Monseigneur Miguel Ángel Sebastián Martínez, Évêque du diocèse de Sarh. Une ferveur religieuse mêlée d’espérance citoyenne a marqué cette rencontre entre le prélat et les populations locales.

Dès son arrivée, l’Évêque de Sarh a été accueilli par une liesse populaire. Fidèles chrétiens en tenues de fête, autorités traditionnelles drapées dans leurs plus beaux atours et responsables administratifs s’étaient massés le long des artères principales pour saluer le « Pasteur venu bénir la terre de Bohobé ». Une atmosphère de recueillement et de joie qui a immédiatement donné le ton de cette visite placée sous le signe du rassemblement.

La politique et la foi main dans la main pour la paix

Dans son discours de bienvenue, le sous-préfet de Bohobé, Doumhassem Gédéon, a tenu à souligner l’importance de cette présence religieuse dans un contexte national où la consolidation de la paix reste une priorité. Il a salué l’engagement constant des autorités administratives à accompagner les actions du gouvernement visant à consolider la paix, promouvoir la cohésion sociale et encourager la cohabitation pacifique entre les différentes communautés de la localité.

« Votre présence parmi nous, Monseigneur, est un signe d’espérance. Dans une sous-préfecture comme la nôtre, où les défis sécuritaires et sociaux existent, l’Église est une alliée précieuse pour recoudre le tissu social », a déclaré l’administrateur civil.

L’appel du sous-préfet : « Enseignez-nous le vivre-ensemble »

Prenant la parole face à l’assistance, Doumhassem Gédéon a lancé un appel solennel au diocèse de Sarh afin qu’il intensifie les actions de sensibilisation et de prêche auprès des fidèles chrétiens, en faveur du vivre-ensemble et du respect mutuel. Selon lui, les leaders religieux jouent un rôle déterminant dans la promotion des valeurs de tolérance et d’unité au sein des populations.

« Nous avons besoin que l’Église soit davantage présente dans les consciences. Les prêches du dimanche doivent rappeler sans cesse que nous sommes un seul peuple, au-delà des appartenances ethniques ou claniques », a-t-il insisté.

L’éducation au cœur des préoccupations

Au-delà des questions de paix, le sous-préfet a également plaidé pour l’implantation de nouvelles écoles catholiques dans la sous-préfecture de Bohobé. Une initiative qui, selon lui, contribuerait à renforcer l’offre éducative locale et à participer activement à la formation des jeunes générations.

« L’école catholique a toujours été un modèle d’excellence et de discipline. Nous voulons que nos enfants bénéficient de cette éducation de qualité, qui forme autant l’esprit que le cœur », a ajouté Doumhassem Gédéon.

La réponse de l’Évêque : « Construisons ensemble une patrie de paix »

Prenant la parole à son tour, Mgr Miguel Ángel Sebastián Martínez s’est réjoui de l’accueil chaleureux et fraternel qui lui a été réservé. Dans une homélie vibrante, il a exhorté les fidèles à demeurer des artisans de paix et des bâtisseurs d’unité.

« L’Église n’est pas en dehors du monde. Elle est au cœur des préoccupations des hommes. Nous devons être les premiers à tendre la main, à pardonner, à accueillir l’étranger. C’est à ce prix que nous construirons le Tchad de demain », a-t-il lancé sous les applaudissements.

Cette visite pastorale aura ainsi été bien plus qu’une simple cérémonie religieuse. Elle a posé les jalons d’un partenariat renforcé entre l’Église catholique et les autorités locales pour relever ensemble les défis de la paix, de l’éducation et du développement.

Par Kenzo Brown 

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