Tchad : Lancement d’une vaste opération de désarmement dans l’Est pour traquer les armes illégales
Les autorités tchadiennes passent à l’action. Le gouvernement a officiellement déclenché ce jeudi une vaste opération de désarmement dans plusieurs provinces de l’Est, une région historiquement poreuse où la circulation illégale d’armes alimente tensions intercommunautaires et insécurité chronique.
L’initiative, d’envergure nationale mais concentrée sur les zones les plus sensibles, vise un objectif clair : récupérer les armes détenues illicitement par des civils, qu’il s’agisse de vestiges des conflits passés ou d’armes fraîchement introduites en fraude.
Un dispositif militaire de haut niveau
L’opération est placée sous la supervision directe du haut commandement militaire et sécuritaire. Conduite sur le terrain par le vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Limane Mahamat, elle associe étroitement le ministre de la Défense, Issaka Maloua Djamouss, ainsi que le chef d’État-major général des armées, Abakar Abdelkerim Daoud.
La coordination d’ensemble revient au général des armées Ousmane Barh Mahamat Itno, également coordinateur des Forces mixtes Tchad-Soudan, signe de la dimension transfrontalière du problème sécuritaire dans cette partie du pays.
Quatre provinces ciblées par les fouilles
Les opérations concernent prioritairement quatre provinces de l’Est :
· Le Wadi Fira
· L’Ouaddaï
· Le Sila
· L’Ennedi Est
Des unités militaires spécialisées y ont été déployées pour mener des fouilles systématiques. Selon une source proche de l’état-major, les forces engagées ont pour mission de quadriller les habitations, les zones montagneuses servant parfois de refuges, ainsi que les principaux axes routiers, afin d’intercepter tout chargement suspect. L’objectif est de saisir toute arme détenue en dehors du cadre légal, sans distinction de calibre ni de provenance.
Restaurer l’ordre et pacifier l’Est
À travers cette action d’envergure, les autorités ambitionnent de renforcer la sécurité publique, de restaurer l’ordre dans des zones où la loi est parfois contestée, et surtout de consolider durablement la stabilité dans ces provinces longtemps en proie aux violences intercommunautaires et aux incursions de groupes armés.
Un responsable de la Primature, cité sous couvert d’anonymat, confie : « Il ne s’agit pas d’une opération punitive. Le but est de permettre à chaque Tchadien de vaquer à ses occupations sans craindre une arme entre de mauvaises mains. »
Une opération qui se veut sans exclusive
Placée sous la coordination supérieure du général Ousmane Barh Mahamat Itno, l’opération se veut globale et sans distinction ethnique ou politique. L’armée assure procéder avec méthode, maison par maison, piste par piste, dans le strict respect des directives gouvernementales.
Reste à savoir si les civils concernés accepteront spontanément de remettre leurs armes ou si les fouilles provoqueront des frictions locales. Les prochains jours diront si cette opération, saluée par les observateurs de la région, parviendra à ses fins sans heurts.
En attendant, tout l’Est du Tchad est désormais en alerte, sous le regard aussi bien des populations que des voisins soudanais, directement intéressés par la stabilisation de cette zone frontalière.
Par Mbaikoula Philippe

