Niger : Lutte contre la criminalité : Un réseau de braqueurs étrangers démantelé à Niamey grâce à la collaboration population-police

La Direction de la Police Judiciaire (DPJ) a annoncé le démantèlement d’un réseau criminel spécialisé dans les braquages à main armée, actif depuis plusieurs mois dans la capitale nigérienne. L’opération, rendue possible par la vigilance et la prompte réaction des habitants du quartier Banizoumbou 1, a permis l’interpellation de cinq individus, tous de nationalités étrangères.

Une illustration parfaite de la doctrine sécuritaire prônée par le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de Division Mohamed Toumba. Dans un entretien accordé le 21 avril 2026 sur la télévision nationale (RTN), ce dernier déclarait : « Pour pouvoir avoir, très rapidement, la bonne réaction au niveau des FDS, c’est une collaboration de la population, très utile, que nous recommandons vivement. » Et d’ajouter : « On ne veut pas dire que tout Nigérien est militaire, mais tout Nigérien peut être sentinelle. »

La mise en pratique de cette philosophie n’aura pas attendu 24 heures.

Une sixième tentative avortée par les habitants

Le 22 avril 2026, au lendemain même de ces déclarations, des malfaiteurs tentent de passer à l’acte une sixième fois. Leur cible : un client venant d’effectuer un retrait de 50 millions de francs CFA dans une banque de la place. Suivant leur mode opératoire habituel – filature à moto, discrétion puis agression armée –, ils prennent en chasse leur proie jusqu’au quartier Banizoumbou 1, connu localement sous le nom de « Pain Dorée ».

Sauf que ce jour-là, les habitants en décident autrement. Alertés par la scène, ils réagissent immédiatement, maîtrisent trois des agresseurs pendant qu’un quatrième prend la fuite, et mettent le tout à disposition de la DPJ. Sur place, les forces de l’ordre saisissent deux pistolets automatiques et les deux motos utilisées pour les opérations.

Un bilan criminel lourd : 75,5 millions de francs CFA de préjudice

Les investigations menées par les enquêteurs ont rapidement permis de faire le lien avec une série de braquages non élucidés jusqu’alors. Interrogés, les suspects reconnaissent être les auteurs de cinq cas de vol à main armée commis entre décembre 2025 et avril 2026, avant leur tentative avortée.

Le premier fait remonte au 22 décembre 2025, au quartier Recasement, où la bande, composée de quatre individus armés de pistolets automatiques et circulant à bord de deux motos, a suivi et agressé un client sortant d’une banque. Le préjudice s’élève à 8 millions de francs CFA. Le deuxième cas s’est déroulé au quartier Rive droite, où la même équipe a emporté la somme de 25 millions de francs CFA.

Le 9 février 2026, un client d’une banque, après avoir effectué un retrait, s’est arrêté au niveau d’une agence de transfert d’argent au quartier Kalley Est. Les malfrats ont alors brisé la vitre de son véhicule à l’aide d’une arme à feu avant de s’emparer d’un sac contenant 10 millions de francs CFA. Le lendemain, 10 février 2026, une autre victime, cliente d’une banque, a été agressée au quartier Bandabari et dépossédée de 32 millions de francs CFA.

Enfin, le 21 avril 2026, soit la veille de leur interpellation, un client ayant retiré 1 million de francs CFA en petites coupures a été suivi jusqu’au stationnement des taxis de Saga, en face du Grand Marché. Les malfrats ont réussi à lui arracher la somme de 500 000 francs CFA.

Le préjudice total causé par ce réseau est estimé à 75,5 millions de francs CFA, auxquels s’ajoute la tentative manquée du 22 avril (50 millions FCFA). Tous les membres du réseau sont âgés de 39 à 43 ans. Un coauteur est toujours en fuite ; les recherches se poursuivent.

Une villa louée à Niamey 2000 et des saisies conséquentes

Les enquêteurs ont également identifié et interpellé le logisticien du groupe : un complice qui avait loué et mis à disposition des braqueurs une villa située dans le chic quartier Niamey 2000. Des perquisitions menées à son domicile ont permis de saisir la somme de 26 885 800 francs CFA.

Dans la villa des malfaiteurs, les éléments saisis sont plus modestes mais significatifs pour l’enquête : deux nattes, une valise, une cagoule noire utilisée lors des opérations, ainsi qu’une bouteille de gaz de 6 kg.

La Police nationale salue la vigilance citoyenne

Dans un communiqué, la Direction de la Police Judiciaire remercie chaleureusement la population pour sa prompte réaction et sa bonne collaboration, tout en l’invitant à redoubler de vigilance et à dénoncer tout comportement suspect aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS).

« La Police Nationale, c’est votre sécurité et celle de vos biens », rappelle l’institution, qui met à disposition du public les numéros verts suivants : 17 et 8383.

Cette affaire marque un coup d’arrêt salutaire pour un réseau qui terrorisait les clients des banques de Niamey depuis plusieurs mois, et confirme, s’il en était besoin, l’efficacité d’une approche sécuritaire associant étroitement forces de l’ordre et citoyens.

Par Cherif Keita 

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