Cameroun : Paul Biya promulgue l’amendement constitutionnel, la fonction de vice-président est rétablie
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Un tournant majeur pour les institutions camerounaises. Le président Paul Biya a promulgué, mardi 14 avril 2026, la révision constitutionnelle instaurant la fonction de vice-président de la République, modifiant en profondeur les règles de succession au sommet de l’État.
La réforme, définitivement entérinée par le chef de l’État, fait suite au vote du Congrès réuni le 4 avril dernier dans la capitale politique camerounaise. Les parlementaires, réunis en session extraordinaire, avaient approuvé le texte à une écrasante majorité, ouvrant la voie à une mutation des institutions nationales.
Un « numéro deux » unique successeur
La mesure la plus emblématique de cet amendement concerne l’ordre successoral. Désormais, en cas de vacance du pouvoir pour cause de décès, de démission ou d’incapacité du président de la République, c’est le vice-président désigné par décret présidentiel qui lui succédera légitimement, sans élection intérimaire.
Cette disposition écarte de fait le président du Sénat, qui assurait jusqu’alors l’intérim, une pratique en vigueur depuis une trentaine d’années. Le nouveau texte met fin à ce mécanisme au profit d’une structure exécutive jugée « plus resserrée et plus réactive » par ses promoteurs.
Retour à un dispositif disparu depuis 1972
La création d’un vice-président n’est pas une première au Cameroun. La fonction existait sous le régime fédéral, mais avait disparu avec l’avènement de l’État unitaire en 1972. Son rétablissement intervient dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et politiques complexes, que les autorités considèrent comme une réponse nécessaire pour assurer la pérennité et la stabilité du pouvoir.
Dans un communiqué officiel, le gouvernement a salué une avancée majeure pour la « sécurité juridique du pays », estimant que ce dispositif évite tout vide institutionnel.
Une opposition partagée entre prudence et critiques
Si la majorité présidentielle se félicite de cette clarification des règles successorales, la classe politique reste divisée. Certains responsables de l’opposition dénoncent une concentration accrue des prérogatives entre les mains du chef de l’État, soulignant que le vice-président étant nommé, et non élu, cette réforme pourrait affaiblir l’équilibre démocratique.
D’autres voix, plus modérées, appellent à attendre les premiers décrets de nomination et la publication des textes d’application avant de juger définitivement l’impact de cette réforme sur la vie politique nationale.
Reste désormais à savoir qui sera le premier à occuper ce poste stratégique de « numéro deux » une annonce que beaucoup d’observateurs jugent imminente.
Par Georges Domo

