Cameroun : « Je Suis Samuel Eto’o » : Arielle Ngono, une femme, une pépinière et tout un village, dans les coulisses d’un mouvement qui ose le terrain.

 

Et si le plus bel hommage à Samuel Eto’o n’était pas un discours, mais une pépinière de cacao dans le Mbam-et-Kim ? C’est le pari du mouvement « Je Suis Samuel Eto’o Fils » (JESEF). Derrière cette aventure, une femme : Arielle Ngono, entrepreneure de terrain, qui transforme l’admiration pour une icône en levier concret de développement. Reportage et portrait.

La poussière des routes plutôt que les salons

Dans le département du Mbam-et-Kim, à Ntui, il ne s’est pas simplement tenu une descente associative de plus. Il s’est joué un acte symbolique fort : celui d’une jeunesse organisée qui choisit d’être au plus près des populations, là où les besoins sont réels, palpables, urgents.

Le Mouvement Je Suis Samuel Eto’o (JESEF), en portant haut le nom de l’ancien footballeur international camerounais, ne s’abrite pas derrière une icône. Il tente, avec méthode et engagement, de marcher dans les pas d’un homme qui a marqué l’histoire du football mondial par son talent, mais aussi par la constance de ses œuvres sociales.

À Ntui, le mouvement a matérialisé cette philosophie en structurant son intervention autour de quatre axes majeurs : social, durable, sportif et identitaire. Mais derrière cette mécanique bien huilée se cache une histoire personnelle, celle d’une femme qui a décidé de passer de l’admiration à l’action.

Arielle Ngono, l’entrepreneure qui voulait faire bouger les lignes

Qui est Arielle Ngono ?

« Je suis une entrepreneure passionnée par le développement local et l’action sociale. Mon parcours est celui d’une femme de terrain, convaincue que l’entrepreneuriat – notamment dans les secteurs de l’agriculture et de la santé est le levier principal pour transformer nos communautés. »

Arielle Ngono n’est pas une novice en matière d’engagement. Avant même de fonder le JESEF, elle avait déjà ancré ses projets dans le Mbam-et-Kim, une zone rurale souvent délaissée par les grandes initiatives. Son approche mêle pragmatisme économique et sensibilité sociale : elle sait qu’un don alimentaire nourrit un jour, mais qu’une pépinière de cacao peut nourrir une génération.

La genèse du mouvement : pourquoi « Je Suis Samuel Eto’o » ?

« Le mouvement JESEF est né d’une volonté profonde de célébrer et de pérenniser l’héritage d’une icône mondiale qui incarne la résilience, le leadership et l’excellence africaine. Pour moi, Samuel Eto’o n’est pas seulement un grand footballeur ou un dirigeant ; c’est un symbole de réussite par le travail. J’ai fondé ce mouvement pour transformer cette admiration en une force d’action positive. »

Mais attention, prévient-elle : « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le JESEF n’est pas un simple groupe de fans virtuel. C’est une plateforme d’action et d’entrepreneuriat social. »

Sa vision en trois mots : Fédérer, Agir, Inspirer

Arielle Ngono résume ainsi la mission du mouvement :

· Fédérer : rassembler ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de l’icône.
· Agir : mener des actions de solidarité sur le terrain (santé, sport, environnement).
· Inspirer : encourager la jeunesse camerounaise à entreprendre et à croire en son potentiel.

À la tête de ce jeune mouvement, elle incarne une nouvelle génération de leadership féminin : dynamique, structurée, persévérante. Son sens du devoir et sa capacité de mobilisation font d’elle une pièce maîtresse dans la consolidation de cette organisation.

L’action à Ntui : une philosophie en actes

L’objectif central du JESEF est clair : transformer l’admiration pour Samuel Eto’o Fils en un véritable moteur de développement socio-économique et de cohésion sociale.

Concrètement, cette ambition se décline autour de trois piliers à savoir

– Social et humanitaire

Améliorer les conditions de vie en zone rurale, en apportant un soutien logistique aux centres de santé, en facilitant l’accès à l’énergie via des solutions solaires, et en utilisant le football comme outil de rassemblement et de détection de talents.

– Économique et entrepreneurial

Assurer l’autonomisation financière des membres par des projets agricoles structurants (pépinières de cacao) et initier les jeunes à l’entrepreneuriat.

– Communication et image

Sanctuariser et promouvoir l’image de Samuel Eto’o, défendre son héritage, porter sa voix comme un modèle de résilience, et réagir avec professionnalisme face aux critiques infondées.

À Ntui, ces trois piliers ont pris chair à travers quatre axes d’intervention concrets.

Les quatre axes de l’intervention à Ntui (le reportage terrain)

-Social et humanitaire (énergie, santé)

L’action sociale ne peut être un slogan. Elle doit être une réponse concrète. À Ntui, l’accent a été mis sur les besoins essentiels. Dans des localités où l’accès stable à l’électricité reste un défi et où les infrastructures sanitaires demandent renforcement, le mouvement a posé des actes tangibles. Sans énergie, pas d’activité économique viable ; sans santé, pas de capital humain durable.

-Développement durable et autonomie

L’approche adoptée ne se limite pas à l’assistance ponctuelle. Elle s’inscrit dans une logique d’autonomisation. Le développement durable, ici, est compris comme la capacité d’une communauté à se prendre en charge. À Ntui, une pépinière est déjà prête. Ce n’est pas un détail : c’est un signal fort. Former, encadrer, préparer la relève — voilà une vision stratégique.

-Sportif et fédérateur

Le sport est un langage universel. Il rassemble, discipline et inspire. En inscrivant le volet sportif au cœur de son action, le JESEF reste fidèle à l’ADN de celui dont il porte le nom. À Ntui, le sport devient un outil de cohésion sociale, un levier d’encadrement de la jeunesse et un rempart contre l’oisiveté. Il ne s’agit pas seulement de jouer, mais de transmettre des valeurs : travail, persévérance, solidarité

-Rayonnement de l’image

Toute action locale bien structurée contribue au rayonnement national. En intervenant dans le Mbam-et-Kim, le mouvement participe à redessiner l’image d’un engagement citoyen responsable. Il démontre que l’impact ne se mesure pas uniquement dans les grandes métropoles, mais aussi dans les villes de l’intérieur. Ntui devient ainsi un laboratoire d’initiatives, un espace où l’image du Cameroun solidaire et entreprenant prend corps.

L’obligation morale d’être à la hauteur

Dans un contexte où beaucoup parlent d’engagement sans jamais quitter les salons, le Mouvement Je suis Samuel Eto’o et sa fondatrice Arielle Ngono  choisissent la poussière des routes, le contact direct, la proximité réelle.

Encourager une telle initiative n’est pas une faveur, c’est un devoir civique. Les actes posés à Ntui témoignent d’une volonté de bâtir, de transmettre et d’ancrer l’action sociale dans la durée.

Quand une association porte un nom aussi lourd d’histoire que celui de Samuel Eto’o, elle a l’obligation morale d’être à la hauteur. À Ntui, avec Arielle Ngono aux commandes, elle a démontré qu’elle en prenait le chemin.

L’objectif ultime ? Créer une communauté structurée et solidaire qui, inspirée par les valeurs de Samuel Eto’o, travaille activement à la construction d’un Cameroun plus fort et plus prospère. Pari tenace, mais pari en bonne voie.

Retour en images de quelques activités

Par Kenzo Brown 

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