Cameroun: Loi de Finances 2026 : Trois ans de congé fiscal pour les entreprises qui recrutent des jeunes diplômés
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Dans sa stratégie de lutte contre le chômage des jeunes, le gouvernement camerounais introduit une mesure fiscale inédite dans le projet de Loi de Finances 2026. Le texte, actuellement examiné au Parlement, prévoit trois années d’exonération totale d’IRPP et de TVA pour toute entreprise recrutant un jeune diplômé camerounais de moins de 35 ans, sans emploi.
Cette disposition, détaillée à la page 24 du document dans la rubrique « Mesures en faveur de l’emploi des jeunes », vise à encourager massivement l’insertion professionnelle des nouveaux diplômés, tout en stimulant la compétitivité des entreprises.
Un dispositif fiscal incitatif et encadré
La mesure clé est portée par l’article 105 du projet de loi. Selon l’alinéa (1), les entreprises du régime du réel qui embauchent en contrat à durée indéterminée (CDI or CDD), en premier emploi, ou encore en stage pré-emploi, bénéficient d’une exonération totale des charges fiscales et patronales sur les salaires versés à ces jeunes — à l’exception des cotisations sociales qui demeurent obligatoires.
L’alinéa (2) précise que ces avantages concernent également les entreprises adhérant à un Centre de Gestion Agréé (CGA), et que l’exonération ne peut être accordée que pour des recrutements effectués dans le cadre d’un premier emploi, d’un stage pratique pré-emploi ou d’un contrat d’alternance.
La durée du congé fiscal, fixée à trois ans, prend effet à compter de la date de signature du contrat de travail ou d’admission en stage.
Un crédit d’impôt pour accompagner la formation
Au-delà de l’exonération, le texte ajoute un autre levier d’incitation. L’alinéa (4) prévoit un crédit d’impôt équivalent à 20 % des dépenses engagées par l’entreprise pour former, encadrer et insérer les jeunes diplômés recrutés dans le cadre du dispositif.
Il s’agit d’un signal fort en faveur du développement des compétences et de l’employabilité, tout en allégeant le coût de l’investissement pour les employeurs.
Une opportunité majeure pour les PME
Cette réforme pourrait transformer le tissu économique, notamment pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME), qui peinent souvent à recruter en raison des coûts salariaux et fiscaux. Cet allègement temporaire offre aux PME une marge de manœuvre accrue pour intégrer des talents jeunes, innovants et motivés.
Toutefois, la réussite de cette mesure dépendra de la clarté des procédures d’application. Les chefs d’entreprise attendent notamment des précisions sur les démarches administratives, la définition exacte du « jeune diplômé éligible », et les modalités de justificatifs à fournir auprès de l’administration fiscale.
La mise en œuvre fluide et transparente de ce mécanisme sera déterminante pour atteindre l’objectif visé : accélérer l’insertion professionnelle des jeunes et dynamiser l’économie nationale.
Par Georges Domo

