Côte d’Ivoire : 92 victimes de traite libérées à Daloa, six suspects interpellés

Un réseau présumé de traite de personnes a été démantelé à Daloa, dans le Haut-Sassandra. Dans la soirée du jeudi 10 septembre 2026, les gendarmes ont investi deux maisons des quartiers Archives et Lobia, libérant 92 victimes et interpellant six suspects. Deux enfants de deux et trois ans figuraient parmi les personnes secourues.

Le coup de filet est de taille. Dans la soirée du jeudi 10 septembre 2026, les éléments de la gendarmerie nationale ont mis hors d’état de nuire un réseau présumé de traite de personnes dans la ville de Daloa, dans la région du Haut-Sassandra.

L’opération, conduite dans deux maisons situées dans les quartiers Archives et Lobia, a permis de mettre à l’abri 92 victimes et d’interpeller six suspects.

L’enquête démarre sur la plainte d’un aide-soignant

L’affaire a débuté par la plainte de L. Georges, aide-soignant à Jacqueville, qui avait sollicité les recherches de quatre enfants dans l’intérêt de leur famille. Les investigations menées par les forces de sécurité ont peu à peu conduit les enquêteurs jusqu’à un réseau présumé impliqué dans des faits de traite de personnes.

Un détachement composé d’éléments de la Brigade et de l’Escadron de Gendarmerie de Daloa a alors investi deux domiciles où se trouvaient les victimes. Au total, 92 personnes ont été recensées et prises en charge.

Deux mineurs parmi les personnes secourues

Les victimes se répartissent en 53 hommes majeurs, 37 femmes ainsi que deux mineurs, âgés respectivement de deux et trois ans. La présence de ces deux enfants parmi les personnes libérées alourdit encore la gravité des faits sur lesquels les enquêteurs devront faire toute la lumière.

Six suspects placés en garde à vue

Six personnes ont été interpellées au cours de l’opération : Y. Jean Jaurès, 27 ans, de nationalité ivoirienne ; Y. K. Brice, 29 ans, également Ivoirien ; K. Geneviève, 29 ans, de nationalité ivoirienne ; K. Issouf, 23 ans, de nationalité burkinabè ; Z. Issiaka, 23 ans, également Burkinabè ; et M. Richard, 45 ans, de nationalité ghanéenne.

Conduits à la Brigade de Gendarmerie, les six suspects ont été placés en garde à vue. Leur rôle exact dans le fonctionnement du réseau présumé devra être établi par la suite de l’enquête et par les autorités judiciaires compétentes.

Téléphones, power bank et cahiers saisis

Les gendarmes ont également saisi plusieurs objets susceptibles d’intéresser les enquêteurs. Vingt téléphones portables, un power bank, une enceinte Bluetooth ainsi que des cahiers et carnets de cours ont notamment été retrouvés.

Devant l’ampleur de l’opération, les services compétents ont été rapidement mobilisés pour la prise en charge des personnes libérées. Le point focal de la Gendarmerie chargé de la « Traite des personnes et du trafic illicite de migrants », la Direction des Affaires sociales du Haut-Sassandra ainsi que le sous-directeur du Comité national de lutte contre la traite des personnes ont été avisés.

Des dispositions étaient en cours, en liaison avec la Direction des Affaires sociales et le Procureur, afin d’organiser la remise des 92 victimes à leurs parents respectifs, selon les procédures appropriées.

 

Cette opération rappelle une nouvelle fois l’impérieuse nécessité d’une vigilance accrue face aux réseaux qui exploitent les personnes vulnérables. À Daloa, l’enquête se poursuit pour établir les circonstances dans lesquelles les victimes ont été regroupées dans ces deux maisons, identifier d’éventuelles autres personnes impliquées et déterminer l’ensemble des responsabilités dans cette affaire.

Par Ousmane Diallo 

Commentaires Facebook