Côte d’Ivoire :« Laurent Gbagbo exclu du scrutin : « Ils veulent la bagarre ? Alors on va se bagarrer ! » »

 

À quatre mois de l’élection présidentielle ivoirienne, Laurent Gbagbo, figure centrale de la vie politique du pays, se retrouve une nouvelle fois au cœur de la tourmente. Radié de la liste électorale par la Commission électorale indépendante (CEI), l’ancien président, âgé de 80 ans, ne cache pas sa colère et appelle ses partisans à la résistance.

Lors d’un meeting organisé samedi 7 juin à Port-Bouët, dans le sud d’Abidjan, Gbagbo a tenu un discours à la fois offensif et déterminé. Entouré d’une foule compacte de militants, le leader du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a dénoncé une « injustice politique » et une manœuvre visant à l’écarter définitivement du jeu électoral. « Ils veulent la bagarre ? Alors on va se bagarrer ! », a-t-il lancé dans une ambiance surchauffée.

Une exclusion à forte charge politique

La radiation de Gbagbo découle de sa condamnation à 20 ans de prison dans l’affaire du braquage de l’agence nationale de la BCEAO en 2011, à la suite de la crise postélectorale. Bien qu’acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) en 2021, et gracié par le président Alassane Ouattara en 2022, cette décision ne suffit pas à effacer sa condamnation sur le plan national, le rendant ainsi inéligible.

L’ancien président dénonce une application sélective du droit : « Ce n’est pas du droit, c’est du n’importe quoi », a-t-il martelé, fustigeant le silence des institutions républicaines.

Un discours offensif contre le pouvoir

Dans une attaque directe contre le président sortant Alassane Ouattara, pressenti pour un quatrième mandat à 83 ans, Gbagbo ironise : « Entre lui et moi, qui est vieux ? » Le ton provocateur et le choix des mots laissent peu de doute sur l’intention du leader du PPA-CI : transformer cette mise à l’écart en levier de mobilisation populaire.

« À un moment, il faudra qu’on envahisse toutes les rues d’Abidjan », a-t-il averti, laissant planer la menace d’un affrontement frontal avec le pouvoir.

Un climat politique de plus en plus tendu

Cette montée en tension survient alors que d’autres figures politiques, comme Cheikh Tidjane Thiam et Guillaume Soro, sont également écartées du processus électoral. Pour nombre d’observateurs, ces exclusions alimentent un climat délétère et posent la question de l’inclusivité du scrutin à venir.

Malgré son exclusion, Laurent Gbagbo affirme ne pas se retirer de la scène politique. Il entend faire de son combat une bataille pour la « vérité et l’honneur », ravivant ainsi les fractures d’un pays encore marqué par les violences de la dernière décennie.

La Côte d’Ivoire semble s’acheminer vers une présidentielle sous haute tension. Reste à savoir si les institutions auront la capacité de garantir un processus transparent, apaisé et véritablement démocratique.

Par Ousmane Diallo 

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