Iran : un poème attribué à Khamenei aurait annoncé sa mort, des médias démentent

 

Alors que l’Iran pleure encore la disparition de l’ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février lors de frappes américano-israéliennes, une information troublante circule dans certains médias. L’ancien Guide suprême aurait prédit sa propre mort dans un poème, remis à un traducteur quelques jours avant son décès. Une version fermement contestée par plusieurs sources.

Selon Mohammad-Ali Mousavi Jazayeri, ancien imam de la prière du vendredi d’Ahvaz, Khamenei avait convoqué en urgence le poète arabophone Abbas Hazbavi, peu après une rencontre entre les deux hommes. Hazbavi raconte s’être rendu auprès du Guide suprême le premier jour du Ramadan, soit une dizaine de jours avant sa mort. Khamenei lui aurait alors confié un poème, avec pour instruction de le traduire en arabe.

Un vers en particulier a suscité de vives réactions : « Si le tyran a fait de mon corps sa cible, en Esfand mon âme partira à la suite des amoureux. » Or, le décès de Khamenei est survenu le 28 février, correspondant au neuvième jour du mois persan d’Esfand.

Pourtant, cette version a été catégoriquement rejetée par plusieurs médias, qui dénoncent une interprétation douteuse, voire une manipulation. Certains évoquent un poème contenant un acrostiche dont les premières lettres formeraient une phrase bien plus sulfureuse : « Je suis Ali Khamenei, né de Satan ». Des médias iraniens comme ILNA, Hamshahri et Khabar Online auraient publié des extraits du texte avant de les retirer, pour certains.

Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989, est décédé à 86 ans dans le cadre d’une opération militaire conjointe menée par les États-Unis et Israël. Sa mort, confirmée par la télévision d’État iranienne, a provoqué des scènes de joie dans certains quartiers de Téhéran, tandis que des milliers de fidèles se rassemblaient pour lui rendre hommage.

L’auteur réel du poème, les circonstances de sa rédaction et la question de savoir si Khamenei avait connaissance du message caché demeurent flous. Cet épisode est désormais l’objet d’interprétations contradictoires, entre prophétie, réécriture a posteriori et manipulation médiatique.

Par Issa Abdou 

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