Monde: Fête du travail : Quelle importance dans le contexte africain marqué par le mauvais traitement salarial des employés du secteur privé et de certaines catégories des fonctionnaires des États ?

 

Avec l’un des Smig les plus faibles dans le monde malgré son fort potentiel en ressources naturelles, l’Afrique présente un système dans lequel les patrons d’entreprises et les hauts cadres de la fonction publique font fortune dans le dos des travailleurs abandonnés dans la précarité. Les gouvernements laissent prospérer le vice.
Les parades et autres rencontres festives entre les travailleurs et leurs patrons à l’occasion du 1er mai – journée internationale du travail, cachent l’arbre dans la forêt. En effet, les employés broient du noir tant sur le plan de la rémunération qu’au niveau de la répartition des heures de travail, pour la plupart prolongées, notamment dans le secteur privé. Au Cameroun par exemple, le salaire minimum interprofessionnel garanti(Smig) fixé à 43 6969 F, ne garantit aucune vie décente du salarié exposé à la paupérisation. Gardiens de nuit, commerçants ambulants, travailleurs des entreprises, tirent le diable par la queue. A la fonction publique, les enseignants et les médecins ne cachent pas leur malaise. Un grand nombre des seigneurs de la craie peine pour entrer en possession de leurs droits ; quelques-uns passent de vie à trépas sans bénéficier du fruit de leur dur labeur. Le paradoxe fait observer une augmentation des capitaux et la prospérité croissante des hommes d’affaires- employeurs face à leurs employés mal payés et cumulant des arriérés de salaire. Une preuve de la mauvaise foi de ces derniers. Dans les administrations, les décideurs jouissent des biens de l’État en faisant peser les mesures d’austérité sur les fonctionnaires et agents de nivaux inférieurs. Malgré les plaintes et dénonciations contre certaines entreprises en raison de la maltraitance que subissent leurs employés au quotidien, le ministère du travail et de la sécurité sociale à travers ses inspecteurs, jouent le jeu des patrons vicieux et se font plein les poches par la corruption. De ce fait, le travailleur abandonné à lui-même, subit à cause des « géants » de la République. « Les rapports entre les travailleurs et les employeurs en Afrique sont comparables à la relation du maître et de l’esclave ; la première catégorie a tout à donner tandis que la seconde veut tout prendre à elle seule. Ce système d’esclavage est entretenu par les États-complices des bourgeois ». Alphonse NZE, enseignant et syndicaliste, regrette le sort réservé aux travailleurs. Un problème difficile à résoudre.

Par William Omer Tchuisseu

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