RDC : L’ONU tire la sonnette d’alarme sur la propagation d’Ebola dans les camps de déplacés

L’épidémie d’Ebola franchit un cap inquiétant en République démocratique du Congo. Le virus, qui sévit depuis mai 2026, a désormais atteint les camps de déplacés surpeuplés de l’Est du pays, où les conditions de vie précaires favorisent une transmission rapide. L’ONU appelle à une mobilisation internationale urgente.

Une menace qui s’ajoute à une crise humanitaire déjà dramatique

L’Organisation des Nations unies met en garde contre un scénario catastrophe. Dans les camps de déplacés de l’Est de la RDC, où des centaines de milliers de personnes vivent entassées dans des abris de toile et de paille, l’apparition du virus Ebola pourrait avoir des conséquences dévastatrices.

Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), des cas confirmés d’Ebola ont été recensés dans au moins 16 camps de déplacés en Ituri, province considérée comme l’épicentre de l’épidémie . Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) confirme qu’au moins cinq des 69 sites de déplacés de cette province ont enregistré des cas, dont plusieurs décès . Près de 270 000 personnes vivent dans ces sites surpeuplés, où l’accès à l’eau potable et aux infrastructures sanitaires reste précaire .

La surpopulation, le manque d’eau et d’infrastructures sanitaires, ainsi que la défiance envers les services de santé, créent un terrain propice à une propagation rapide du virus .

Déclarée le 15 mai 2026, l’épidémie est causée par la souche rare Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué . Cette particularité rend la riposte d’autant plus complexe. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le pays compte à ce jour près de 4 000 cas confirmés et plus de 1 800 décès .

L’épidémie s’est désormais propagée dans cinq provinces de la RDC (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uele et Tshopo), ainsi qu’en Ouganda voisin . L’Ituri concentre à elle seule près de 87 % des infections . Cette flambée est présentée comme l’une des plus importantes épidémies d’Ebola jamais enregistrées .

Des conditions de vie qui favorisent la transmission

Dans l’Est de la RDC, des milliers de familles chassées par les combats vivent dans des conditions de vulnérabilité extrême. Les provinces touchées par l’épidémie accueillent près de 4,4 millions de personnes déplacées de force, dont 3,8 millions de déplacés internes, plus de 274 000 réfugiés et demandeurs d’asile, ainsi que 290 000 rapatriés .

L’irruption du virus dans les camps intervient dans un contexte d’insécurité persistante, avec des attaques contre le personnel de santé et des mouvements fréquents de population qui compliquent davantage la prévention et la riposte .

Les agences humanitaires ont installé des points de lavage des mains et intensifié les campagnes de sensibilisation auprès des populations pour limiter les contaminations . Mais les moyens disponibles restent insuffisants face à l’ampleur de la crise.

Face à l’accélération de l’épidémie, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, appelle à intensifier « de manière urgente et massive » la riposte, en renforçant l’accès aux soins, la surveillance épidémiologique et les inhumations sécurisées .

L’ONU estime que les besoins dépassent largement les ressources disponibles et réclame le déblocage urgent de fonds internationaux pour isoler rapidement les cas suspects, vacciner les personnes exposées dans la mesure du possible et renforcer l’accès à l’eau potable .

Sans une réaction massive et immédiate de la communauté internationale, la crise sécuritaire qui frappe l’Est de la RDC pourrait se transformer en un désastre sanitaire sans précédent, menaçant la vie de centaines de milliers de personnes déjà durement éprouvées par des années de conflit et de déplacement .

Par Cherif Keita 

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