Sénégal : Mouhamadou Al Amine Lô nommé Premier ministre en remplacement d’Ousmane Sonko
Deux jours après le limogeage surprise d’Ousmane Sonko, le président Bassirou Diomaye Faye a nommé ce lundi 25 mai 2026 Mouhamadou Al Amine Lô au poste de Premier ministre. Un choix stratégique qui marque une nouvelle page politique et une volonté d’apaisement après la rupture spectaculaire entre les deux anciens alliés.
Le Sénégal a désormais un nouveau chef du gouvernement. Mouhamadou Al Amine Lô a été officiellement nommé Premier ministre ce lundi 25 mai 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, succédant ainsi à Ousmane Sonko, limogé vendredi 22 mai après un peu plus de deux ans passés à la primature .
Cette annonce met fin à 72 heures de suspense politique, alors que l’ensemble des observateurs attendaient de voir quel visage prendrait la nouvelle équipe dirigeante après le séisme politique provoqué par la rupture entre le président et son mentor politique .
Qui est Mouhamadou Al Amine Lô ?
Jusqu’à sa nomination, Mouhamadou Al Amine Lô occupait les fonctions de ministre d’État auprès du président de la République . Un poste stratégique qui lui a permis d’être au cœur des décisions majeures et de démontrer sa loyauté au chef de l’État.
Peu d’informations circulent encore sur ce profil discret mais influent. Selon plusieurs sources, il faisait partie du cercle rapproché du président Faye et aurait joué un rôle d’interface clé lors des derniers mois de tension avec l’ancien Premier ministre. Son profil est généralement perçu comme celui d’un technocrate, moins sulfureux que son prédécesseur, et plus enclin au dialogue avec les institutions financières internationales .
La nomination de Lô intervient dans un contexte politique explosif. Le départ d’Ousmane Sonko, icône de la jeunesse et figure tutélaire du parti PASTEF, a plongé le pays dans l’incertitude . Le duo « Diomaye-Sonko », qui avait conquis le pouvoir en 2024 sur le slogan « Diomaye mo Sonko », est désormais brisé.
Les tensions entre les deux hommes étaient apparues au grand jour ces derniers mois. Le président Faye reprochait à son Premier ministre une « personnalisation excessive » du pouvoir au sein du parti majoritaire . Sur le fond, des divergences stratégiques majeures existaient, notamment sur la gestion de la crise économique : alors que Sonko défendait une ligne souverainiste et radicale, rejetant l’influence du FMI, le président Faye semblait privilégier une approche plus ouverte au dialogue avec les bailleurs de fonds internationaux .
En choisissant Mouhamadou Al Amine Lô, un fidèle parmi les fidèles, Bassirou Diomaye Faye envoie un signal clair : c’est lui qui dirige désormais. L’ancien ministre d’État est perçu comme un homme de confiance, capable de mettre en œuvre la vision présidentielle sans ombre portée .
Le nouveau Premier ministre hérite d’une situation institutionnelle complexe. Le PASTEF reste le parti majoritaire à l’Assemblée nationale, et Ousmane Sonko conserve une influence considérable sur la base militante. Le président Faye ne pourra pas dissoudre l’Assemblée avant novembre 2026, ce qui pourrait contraindre son nouveau gouvernement à une cohabitation de fait avec les députés restés fidèles à Sonko .
Sur le plan économique, l’urgence est tout aussi pressante. Le Sénégal traverse une crise majeure, avec une dette publique atteignant 132 % du PIB, l’un des taux les plus élevés d’Afrique subsaharienne . Le nouveau gouvernement devra rassurer les partenaires internationaux et sortir le pays de l’ornière, alors que le FMI a suspendu un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars en raison des divergences avec l’ancienne équipe .
Par Cherif Keita

