Tchad : Tensions meurtrières à Bongor : un assassinat déclenche une vendetta, sept concessions réduites en cendres

La quiétude dominicale a été brisée dans la soirée du 26 avril 2026 par une violente confrontation entre deux grandes familles de Bongor, chef-lieu de la province du Mayo-Kebbi Est. Ce qui devait initialement être un drame criminel s’est mué en une véritable bataille rangée, causant des dégâts matériels considérables et plongeant plusieurs foyers dans la désolation.

Tout a commencé suite à l’assassinat d’un membre éminent de l’une des familles. Rapidement, la tension est montée d’un cran, dégénérant en affrontements directs entre les deux clans rivaux. Armés de machettes et d’engins incendiaires, les belligérants ont semé la terreur dans le quartier.

Le bilan de cette nuit de violence est lourd. Selon des sources sécuritaires sur place, sept concessions entières ont été la proie des flammes, leurs contenants et contenus réduits en fumée. Des véhicules, des motos, des petits ruminants, des basses-cours et des denrées de première nécessité, dont des sacs de riz, ont été entièrement consumés. Les locataires de ces habitations, pris au piège des affrontements, ont tout perdu. Aucune perte en humaine supplémentaire n’a été signalée au cours de la bagarre, mais les blessés sont nombreux.

Face à l’embrasement de la situation, les forces de l’ordre ont été dépêchées sur place. Plusieurs tirs de grenades lacrymogènes ont été nécessaires pour disperser les combattants et tenter de ramener un semblant de calme.

Pour éviter une flambée de violences rituelles ou vengeresses, l’autorité judiciaire a immédiatement réagi. Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bongor, Mahamat Abakar Djérou, a ordonné l’inhumation rapide de la victime décédée par balle. La dépouille a été mise en terre ce lundi 27 avril 2026, une mesure souvent utilisée pour calmer les esprits et empêcher que le corps ne devienne un symbole de vengeance.

Si un calme précaire est revenu ce lundi dans la ville, la psychose demeure. Les autorités locales, épaulées par les sages et les notaires des deux clans, jouent désormais la carte de l’apaisement. Des réunions de conciliation sont en cours pour tenter de désamorcer cette poudrière sociale et éviter une reprise des hostilités.

La province du Mayo-Kebbi Est reste sous surveillance accrue.

Par Kenzo Brown 

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