Mali: Attaques du 25 avril : le Général Goïta au chevet des blessés et promet d’achever le combat du Général Sadio Camara
Au lendemain des attaques complexes du 25 avril dernier, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a effectué une double visite symbolique ce lundi. D’abord au CHU Bocar Sidi Sall de Kati pour encourager les blessés et le personnel soignant, puis au domicile du défunt Général de corps d’Armée Sadio Camara, tombé sous les balles lors de ces assauts simultanés.
Silence recueilli et visages marqués. Quarante-huit heures après la vague d’attaques sans précédent qui a frappé plusieurs villes du pays (Kati, Bamako, Mopti, Gao et Kidal), le Chef suprême des Armées a tenu à se rendre personnellement sur deux fronts : celui de la vie, auprès des survivants, et celui du devoir de mémoire, auprès de l’une des figures les plus respectées de l’armée malienne.
« Le combat continue »
Accueilli par le Colonel-major Assa Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement social, le Président de la Transition a longuement arpenté les couloirs du CHU Bocar Sidi Sall. Il a salué « l’abnégation et le professionnalisme » des médecins, infirmiers et personnels de santé, mobilisés sans relâche depuis vendredi. Aux soldats et civils blessés, alités pour certains, le Général Goïta a adressé des paroles empreintes de compassion et de fermeté : « Votre sacrifice n’est pas vain. La Nation vous doit une fière chandelle. »
Selon un membre de son cabinet, le Chef de l’État a écouté plusieurs témoignages sur les conditions des frappes, qualifiées par l’état-major d’« attaques complexes, coordonnées et simultanées », une première en intensité depuis le début de la Transition.
Ultime salut à un géant
La seconde étape de la matinée fut plus poignante encore. Au domicile du Général de corps d’Armée Sadio Camara, tué dans l’attaque de Kati le 25 avril, le Général Goïta s’est incliné devant la famille éplorée. Un long moment de recueillement a précédé une brève cérémonie à la mémoire de l’illustre défunt, ancien ministre de la Sécurité et figure tutélaire des forces armées maliennes.
« Le Général Sadio Camara n’est pas mort en vain », a martelé le Président de la Transition devant les proches. « Son combat pour la sécurisation de l’ensemble du territoire national, nous le mènerons à son terme. C’est une promesse que je fais aujourd’hui à sa famille et au peuple malien. »
Le Chef de l’État a également annoncé qu’un hommage national sera rendu dans les prochains jours. Des rumeurs de deuil officiel de trois jours circulent dans l’entourage de la présidence, sans confirmation à l’heure où nous écrivons ces lignes.
Ces attaques simultanées, revendiquées pour l’heure par aucun groupe armé connu, ont plongé le Mali dans un deuil et une vigilance accrus. Kati, siège de nombreuses unités militaires, reste quadrille, tandis que Bamako a renforcé ses dispositifs de contrôle aux entrées de la capitale.
Sur le plan diplomatique, plusieurs pays de la sous-région ont déjà adressé leurs condoléances. La CEDEAO, dans un communiqué publié ce matin, a condamné « avec la plus grande fermeté ces actes barbares » et réaffirmé son soutien au peuple malien.
À l’issue de sa visite, le Général Goïta n’a pas répondu aux questions des journalistes. Mais son message, livré au chevet des blessés et devant la dépouille d’un compagnon d’armes, était clair : la Transition ne pliera pas.
Par Francis Kaboré

