Côte d’Ivoire : FEMUA 18 : Retour en images sur la prestation historique de Didi B, le « Boss » a électrisé Abidjan

Ils étaient venus dès 20h. Ils sont repartis aux aurores, ivres de bonheur et de musique. Près de 25 000 festivaliers ont vécu, cette nuit sur le site de l’INJS d’Abidjan, l’un des moments les plus intenses de cette 18ᵉ édition du FEMUA : le show de Didi B. Prévue à 2h30 du matin, la prestation du « Boss » du rap ivoirien a tenu toutes ses promesses, transformant la dernière nuit du festival en une apothéose de rapivoire survitaminé.

1h du matin : l’attente est à son comble

Sur les gradins du site de l’INJS, l’impatience est palpable. Les fans scandaient son nom par vagues successives. Des banderoles « Didi B, le peuple est là » flottaient au-dessus de la foule compacte. Des tee-shirts à son effigie, des drapeaux aux couleurs de son label… Tout était prêt pour que le « Boss » règne sur la capitale ivoirienne.

2h30 : Didi B entre en scène dans une explosion de lumière

À 2h29 précises, les lumières se sont éteintes. Un murmure, puis un silence de cathédrale. Soudain, les premières notes de son célèbre titre Maman ont retenti. Et Didi B est apparu, juché sur une plateforme surélevée, vêtu d’un ensemble blanc immaculé frappé du lion, son emblème. L’explosion a été immédiate. Les 25 000 voix ont repris en chœur chaque parole, transformant le site en une immense chorale survoltée.

Une heure de show sans répit

Pendant soixante minutes, Didi B n’a pas fait de pause. Il a enchaîné les hits – Château, Mérité, Liste, En Haut – sans jamais perdre en intensité. Sa gestuelle, ses déplacements sur scène, cette capacité rare à haranguer la foule tout en délivrant des textes ciselés… Tout respirait le grand soir. « Vous méritez ce cadeau, c’est les Magiciens qui vous l’offrent ! » a-t-il lancé en sueur, rendant hommage aux fondateurs du FEMUA, présents en coulisses.

Une communion unique entre l’artiste et son public

L’image la plus forte de cette prestation restera sans doute ce moment où Didi B, micro tendu vers la foule, a laissé les 25 000 festivaliers chanter seuls le refrain de C’est Dieu. Face à cette ferveur, le « Boss » a fermé les yeux, esquissé un sourire, puis a murmuré « Merci, Abidjan ». Un moment de pure grâce.

Sur la pelouse, les téléphones portables formaient une constellation de lumières. Dans la fosse, des jeunes pleuraient d’émotion. « C’est notre rappeur, c’est lui le meilleur, c’est historique », lâchait Kevin, 22 ans, la voix brisée.

Un clin d’œil à Fally Ipupa, une pensée pour Paris

Didi B n’a pas oublié de saluer ceux qui comptent. En plein milieu du set, la musique s’est adoucie. « Je veux rendre hommage à un grand frère, à une légende. Fally Ipupa vient de finir son show au Stade de France. Respect éternel, Boss », a-t-il déclaré sous les acclamations. Le public a repris quelques notes de Eloko Oyo, créant un pont symbolique entre Abidjan et Paris.

3h30 : une sortie de scène en apothéose

Le rappeur a conclu sa prestation sur Soldat, un titre engagé. Le dispositif pyrotechnique a craché des flammes, et des confettis dorés sont tombés sur la foule en délire. Didi B, à genoux, a salué longuement le public avant de disparaître sous la scène. Les 25 000 personnes sont restées, hurlant « Boss, Boss, Boss ! » pendant plusieurs minutes, refusant de voir la nuit s’achever.

Avant le rap, la tradition

Plus tôt dans la soirée, c’est un tout autre registre qui avait émerveillé les festivaliers. Le « Tradi FEMUA » s’est tenu à la Chefferie d’Anoumabo, offrant une cérémonie solennelle de danses et chants traditionnels. Une magnifique illustration de la volonté du festival d’être une passerelle entre les générations et les nations, puisque la délégation gabonaise invitée cette année a également participé aux festivités.

La folie jusqu’à Dimbokro

Le FEMUA 18 n’a pas dit son dernier mot. Ce dimanche, c’est à Dimbokro, au cœur du pays de l’Akwaba et des Éléphants, que la fête se poursuivra. Une étape de décentralisation très attendue, qui prouve que le festival, sous l’impulsion de Magic System, continue de porter haut les couleurs de la culture ivoirienne, des grandes scènes abidjanaises aux territoires les plus reculés.

Par Ousmane Diallo 

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