Tchad : querelle pour 200 FCFA, un cireur poignardé à mort à N’Djamena
Un drame est survenu ce mercredi 13 mai 2026 dans le quartier populaire d’Amriguébé, situé dans le 5ᵉ arrondissement de la capitale tchadienne. Un jeune homme exerçant le métier de cireur de chaussures , a perdu la vie après avoir été poignardé par un collègue.
La victime, dont l’identité n’a pas encore été officiellement communiquée, a succombé à ses blessures sur place, avant que les secours n’aient pu intervenir.
L’agresseur présumé, également cireur, a été maîtrisé par les forces de l’ordre venues rapidement sur les lieux. Placé en garde à vue, il est désormais à la disposition de la justice.
Selon des témoins interrogés sur place, l’incident aurait pour origine un différend mineur autour de jetons d’une valeur de 200 francs CFA. Une altercation verbale a dégénéré en bagarre. Les deux hommes en sont venus aux mains, jusqu’à ce que l’un d’eux utilise une arme blanche pour frapper mortellement son camarade.
Mais posons les vraies questions. Comment en arrive-t-on à planter son camarade pour l’équivalent de 30 centimes d’euro ? Parce que la misère tue. Parce que quand on n’a rien, une poignée de francs devient une question de survie. Parce qu’au Tchad, des milliers de jeunes livrés à eux-mêmes dans les rongs de N’Djamena s’entretuent pendant que les beaux quartiers restent silencieux.
Et pendant ce temps, qu’ont fait les autorités ? Rien pour prévenir. Rien pour encadrer ces petits métiers de rue livrés à la loi du plus fort. Une enquête ? On en parle. Mais qui croit encore que justice sera rendue dans un pays où le sang des pauvres ne vaut pas cher ?
Ce drame n’est pas un simple fait divers. C’est un signal d’alarme. Un réveil brutal. 200 FCFA, ce n’est pas un motif. C’est l’excuse crasse d’une société qui abandonne sa jeunesse à la violence et au désespoir.
Assez de communiqués lisses. Assez de « condoléances » hypocrites. La mort de « Cireur » doit être un électrochoc. Sinon, demain, un autre nom viendra s’ajouter à cette longue liste de vies fauchées pour rien.
Par Mbaikoula Philippe

